Le Figaro publie ce 28 août une enquête sur la judiciarisation du DPE en location : « Le DPE est devenu un champ de bataille judiciaire », y résume un avocat parisien. Les faits sont là : depuis que le diagnostic est opposable (juillet 2021), les procédures se multiplient — un grand bailleur institutionnel vient d’être condamné à rembourser plus de 15 000 € de loyers à une locataire, et des diagnostiqueurs témoignent de demandes croissantes de locataires souhaitant contrôler le DPE remis par leur propriétaire.
Locataire qui doute, bailleur qui veut se protéger : avant le contre-diagnostic payant et très avant le tribunal, il existe une étape que presque personne ne fait. Objectiver le DPE existant, à partir de ses propres données publiées.
Pourquoi le DPE de location est devenu un enjeu
Trois mécanismes se sont refermés en quelques années :
- Gel des loyers pour les logements classés F et G depuis août 2022 : pas d’augmentation à la relocation, pas de révision annuelle ;
- Interdiction de location des logements G depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, des F au 1ᵉʳ janvier 2028, des E début 2034 ;
- Opposabilité : le bailleur est tenu responsable des informations du DPE remis au locataire — et son absence de remise se retourne contre lui.
Une étiquette qui change, c’est donc un loyer qui se fige, une location qui se ferme, ou un remboursement qui se plaide. Des deux côtés du bail, chacun a désormais intérêt à savoir ce que vaut réellement le DPE en circulation.
Locataire : objectivez votre doute avant d’engager des frais
Vous chauffez peu et la facture flambe, le logement affiche 38 °C l’été, et l’étiquette D du bail vous semble optimiste ? Les associations de consommateurs recommandent de faire réaliser un diagnostic, au besoin à vos frais — comptez 150 à 250 €. C’est parfois nécessaire. Mais commencez par l’étape gratuite :
- Récupérez le numéro ADEME du DPE : il figure obligatoirement sur le diagnostic annexé à votre bail et sur l’annonce. Introuvable ? Voici comment le retrouver.
- Analysez-le gratuitement : note recalculée selon la méthode en vigueur par notre moteur — inscrit sur la liste officielle des logiciels DPE validés —, explication poste par poste, score de fiabilité des données saisies et incohérences éventuelles (surfaces, énergies, équipements).
- Si l’analyse conforte votre doute, le rapport détaillé documente chaque point à vérifier — de quoi dialoguer précisément avec votre bailleur, l’ADIL de votre département, ou décider en connaissance de cause d’un contre-diagnostic par un diagnostiqueur certifié.
Un point d’honnêteté : notre rapport est une première vérification documentée, fondée sur les données publiées du DPE. Il ne remplace ni un diagnostic réalisé sur place par un professionnel certifié, ni un conseil juridique.
Bailleur : vérifiez avant qu’un autre ne le fasse
L’enquête du Figaro le montre aussi : des propriétaires découvrent le problème quand un locataire brandit un contre-diagnostic — parfois fondé, parfois complaisant. La meilleure défense se joue avant la mise en location :
- Vérifiez les données saisies de votre DPE : notre analyse gratuite signale les incohérences de saisie ; beaucoup de notes sévères s’expliquent par des valeurs par défaut faute de justificatifs — factures, descriptif syndic, plaque signalétique peuvent tout changer, avec votre diagnostiqueur ;
- Conservez le dossier : un DPE dont les données sont cohérentes et justifiées est difficile à attaquer ;
- Contesté malgré tout ? La même démarche d’objectivation s’applique au contre-diagnostic adverse : deux DPE qui divergent, ce sont deux jeux de données à comparer point par point.
Et si vous gérez un parc entier, l’enjeu se compte en dizaines de milliers d’euros par dossier — parlons-en.
Ni chasse aux sorcières, ni angélisme
L’enquête le rappelle utilement : les juges départagent, dans les deux sens. Des bailleurs indélicats sont condamnés ; des locataires de mauvaise foi sont déboutés et expulsés. Le DPE n’est ni une arme ni un mensonge : c’est un document technique, opposable, dont la solidité dépend des données saisies. Notre métier — nous sommes diagnostiqueurs certifiés depuis 2003 — est précisément de rendre ces données lisibles, pour que chacun agisse sur des faits.
FAQ
Comment vérifier le DPE de mon logement en location ?
Avec son numéro ADEME (13 caractères, sur le diagnostic et l’annonce) : saisissez-le dans notre analyse gratuite — note recalculée selon la méthode en vigueur, explication poste par poste, score de fiabilité des données. Aucune inscription requise.
Le locataire a-t-il le droit de contester le DPE ?
Oui. Le DPE est opposable depuis juillet 2021 : le bailleur est responsable des informations qu’il contient. En pratique, un doute sérieux se documente (analyse des données, puis au besoin contre-diagnostic par un professionnel certifié) avant toute démarche — l’ADIL de votre département vous renseigne gratuitement sur vos droits.
Que risque un bailleur dont le DPE est erroné ?
Selon les cas jugés : remboursement de loyers trop perçus et de révisions indues, dommages et intérêts, et pour un logement reclassé F ou G, gel du loyer voire interdiction de louer. D’où l’intérêt de vérifier la fiabilité de ses données avant la mise en location.
Le rapport apihom suffit-il devant un juge ?
Non, et nous ne le prétendons pas : c’est une première vérification documentée, fondée sur les données publiées du DPE et calculée par un moteur validé. Pour une valeur probante sur l’état réel du logement, il faut un diagnostic réalisé sur place par un diagnostiqueur certifié.
Je suis bailleur et mon DPE semble trop sévère : que faire ?
Dans bien des cas, la note vient de valeurs par défaut appliquées faute de justificatifs. Notre article dédié liste les preuves qui changent une note — à faire valoir avec votre diagnostiqueur.
Contexte : enquête « Le DPE est devenu un champ de bataille judiciaire », Le Figaro Immobilier, 28 août 2026. Cet article ne constitue pas un conseil juridique ; pour votre situation, rapprochez-vous de l’ADIL de votre département ou d’un professionnel du droit.